Les autres mondes

Publié le par Fei

Ce qui se passe dans notre monde m'intéresse, et bien que n'étant pas féru d'histoire, son passé m'intéresse, que ce soit pour sa richesse culturelle ou la façon dont il éclaire parfois le présent. Confucius a dit que l'expérience est une lanterne qu'on porte dans le dos, et qui n'éclaire que le chemin déjà parcouru. Je crois plutôt que si la lanterne de l'expérience est effectivement portée dans le dos, son halo permet tout de même d'y voir plus clair dans le présent et le futur proche, en en dévoilant les plus gros écueils. Mais aujourd'hui, je ne vais de toute façon pas parler du monde réel, mais des autres. Après avoir envisagé hier une infinité de lignes de temps et donc de mondes, je vais m'arrêter un peu sur les mondes fictionnels.

Je suis un grand consommateur de fiction. Principalement sous forme dessinée ou animée ces dernières années, puisque je ne lis quasiment qu'en vacances et que ça fait trois ans que je n'en ai vraiment plus beaucoup. J'aime la SF, l'héroïc-fantasy, le fantastique, que ce soit sous une forme écrite, dessinée ou filmée (voire même modélisée). Je lis aussi des polars, mais très peu de romans historiques et pas énormément de fictions "réalistes" non plus. Ce que j'aime avant tout, je crois, c'est découvrir un nouvel univers, avec de nouvelles règles, d'autres principes, d'autres lois, d'autres peuples. Le dépaysement, cette porte ouverte sur l'esprit d'un auteur, cet imaginaire qui vient nourrir le mien. Découvrir les possibilités de ces mondes, voir comment l'auteur, deus ex machina, parvient à créer à quelque chose de cohérent, de solide, de crédible. C'est pour ça que j'aime le Seigneur des anneaux ou Star Wars, par exemple. On a l'impression que leurs créateurs ont réellement visité ces mondes, et qu'ils en sont les guides, les dépositaires de l'Histoire. J'aime à imaginer quel personnage je voudrais être, ce que j'aurai fait dans telle situation (face au Balrog, j'aurai couru comme les autres).

Je ne m'immerge pas comme ça quand je lis un polar ou un roman d'espionnage. Je ne me suis jamais demandé ce que je ferai à la place de Harry Bosch (le héros principal des polars de Michael Connelly), William Monk (héros d'Anne Perry) ou Thomas Linley (héros d'Elizabeth Georges). Par contre je me suis déjà projetté en Istari (les mages du Seigneur des Anneaux, j'ai toujours aimé les sages), en ninja (genre dans l'Akatsuki de Naruto), en super-héros, etc... Je crois qu'en plus du dépaysement et de la découverte, ce qui m'intéresse c'est de réfléchir au comportement que j'aurai si j'étais plongé dans des situations impossibles dans le monde réel. Qu'est ce que je ferai de mes pouvoirs, comment  gérer au quotidien, comment assumer ma charge d'héritier du Gondor (curieusement je m'identifie moins au soldat au fond à gauche qui meure dès le début de l'assaut), etc... Curieusement, les oeuvres qui ne sont pas réalistes me renvoient plus à moi-même que celles qui sont bien ancrées dans notre monde. L'imaginaire me suscite plus de réflexion que le réel, souvent.

Dans cette logique, je suis amateur de jeux de rôles. Si je n'ai pas du faire plus de trois parties de jeu de rôle sur plateau, je n'ai acheté ma PS2 quasiment que pour ça, et je n'ai que ça sur ma GBA. Parce que dans ces jeux, même si il y a  un scénario (d'ailleurs je suis assez exigeant là-dessus), on s'immerge  beaucoup. Les personnages de ces jeux sont bien plus intéressants que dans la plupart des autres, bien plus fouillés et travaillés. Des personnages comme Cloud, Sephiroth, Squall, Tidus, Yuna ou Auron m'ont fortement marqué.  Même si on n'incarne pas réellement le héros, la durée de jeu (un RPG me bouffe entre 50h et 120h selon la durée du scénario et l'intérêt du jeu, et ma soeur c'est encore pire) fait qu'on a le temps de s'y attacher, comme un membre invisible de l'équipe qu'on dirige. Et puis comme on se fout tout le temps sur la gueule avec plein de streums, forcément on se rapproche : quand Bobette (les mages blancs sont à 99% des nanas) te ressuscite après que tu te sois fait étaler misérablement, ça crée des liens... ^^

Pour autant, je ne me réfugie pas dans ces univers pour fuir le nôtre, comme certains qui se perdent dans les MMORPG (Massively Multiplayer Online Role Playing Game) et chérissent plus leur avatar virtuel que leur propre corps. J'ai les pieds bien sur Terre, mais j'aime être ailleurs aussi. Chez moi c'est plutôt une curiosité, une fascination pour l'imaginaire, le dépaysement, tout ce qui est possible là-bas et qui ne l'est pas ici. Voir comment quelqu'un crée une culture (Tolkien a même créé des langages que certains malades parlent), une civilisation, est très intéressant, car cela donne un aperçu de sa vision de la société réelle. Une fois l'émerveillement passé, quand on gratte un peu, les fictions sont parfois assez intéressantes de ce point de vue. Chacun de nous à son imaginaire, plus ou moins fourni, plus ou moins structuré. Un jour, peut-être, j'essaierai de transcrire moi aussi le mien, pour voir.
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Publié dans Rien à bloger

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