Unemployment adventures Episode II
Previously : j'avais un 3e entretien dans une société, ou tout était déjà allé très vite. Cette nouvelle visite dans leurs locaux s'est là encore bien passée, si ce n'est que j'ai du voir plusieurs personnes qui ont à peu près toutes été à la bourre, donc j'ai pas mal poireauté cet après-midi là. J'ai rencontré le responsable machin, et en gros on a parlé des modalités pratiques, c'est à dire contrat et pognon. Leur offre est tout à fait honnête, mais comme j'ai d'autres pistes sur le feu, je demande un petit délai de réflexion. Dans la foulée je rencontre un responsable opérationnel (très cool), puis un chef de projet pour parler d'un projet en particulier. Le mec est très sympa, mais le projet je ne sais pas trop quoi en penser. De toute façon je ne suis pas obligé d'accepter le 1er projet qu'on me propose si je décide de signer chez eux, et comme j'ai quelques doutes , je pense que je déclinerai ce projet là si je dois travailler pour eux.
Mon autre piste qui me botte à fond n'a -évidemment- pas (encore ?) donné de nouvelles, ce serait trop beau. Surtout que depuis je pense avoir identifié de quel client il s'agit et où il est situé exactement, ce qui me ajoute encore à mon envie de m'y retrouver. J'ai renvoyé un mail pour voir où ça en est, je n'ai pas encore eu de réponse. C'est pas encore perdu, mais c'est pas super bon signe a priori. Wait and see comme dirait l'autre, même si il se pourrait qu'il n'y ait justement rien à voir.
Enfin bon, un peu plus fun : je n'en avais pas parlé exprès, mais hier j'avais un autre rendez-vous. Contacté par téléphone comme d'habitude, je reçois un mail de confirmation, et c'est là que tout commence. Le programme : RV à la Défense à 9h30 donné par un cabinet de recrutement mais directement chez le client, blabla d'un gars du cabinet, test de logique, blabla du client (une SSII) a propos de lui-même et de son client à lui (une boîte pharma), entretien avec les gens du cabinet puis avec le client (la SSII, donc). Vu le process de recrutement à la con, et le fait qu'il était prévu que certains aient des entretiens jusque dans l'après-midi, j'ai hésité à y aller. Mais bon, je m'y suis rendu, bien décidé à monter un bateau pour ne pas être parmi ceux devant revenir l'après midi.
Je passe sur le blabla du mec du cabinet de recrutement, et on arrive au test de logique. Un petit livret de quelques pages, noté sur 50, avec questions du genre "trouvez l'intrus dans cette liste de mots", "complétez la suite numérique", "quelle est la prochaine figure", "quel est le domino manquant", etc. Ils annoncent qu'en dessous de 30 c'est franchement pas top. On était 5, un a eu 30.5, ras la moustache quoi. Moi j'ai majoré (un peu d'auto-satisfaction ne nuit pas) avec 41, c'est bien ça met en confiance.
Puis vient le speech du responsable de la SSII recrutant. Jamais entendu autant de propagande de la part d'une SSII. Il explique qu'ils prennent souvent des débutants pour bien les former à leurs méthodes. Il explique qu'il faut s'investir à fond pour être payé de retour. En gros il veut des bons petits mercenaires prêts à bosser 50 heures par semaine au moins. Ce mec étant d'une modestie à toute épreuve, il passe la moitié de son temps à se féliciter de sa propre réussite, expliquant que d'habitude on évolue tous les 3/4 ans en gros, mais que lui il a tout fait en 6 ans parce qu'il est extraordinaire. Qu'il bossait 16h par jour, et que même une fois pendant un projet de 8 mois il n'a pas pris un seul WE et était plutôt vers 100h par semaine. Moi j'appelle ça un putain de carriériste. Ainsi, en pointillé de la présentation de la SSII, il passera la moitié du temps à expliquer qu'il faut s'investir pour la boîte et que celle-ci saura l'apprécier, même si forcément y a pas de la place pour tout le monde pour évoluer, et blablabla.
A ce niveau là je rigolais pas mal, parce que le message était tellement gros que ça en devenait ridicule. Enfin bon, Tu Te dis que si on demande un gros investissement et une grosse motivation proche du dévouement, c'est qu'on sera payé à la hauteur des attentes. Que dalle ! Pendant l'entretien personnalisé avec lui, on ne parle absolument pas du candidat, mais de lui Mr le responsable et pourquoi il ne peut offrir qu'un salaire de merde. Il prend des exemples à la con, genre un peintre en bâtiment, pour expliquer que l'expérience c'est pas important, compare mes études à maths sup pour me dire que bon tout ce que j'ai fait c'était simple et à la portée de tous, alors qu'en maths sup, "là on réfléchit". Non seulement il est totalement imbu de sa personne mais en plus il cherche à me rabaisser pour m'expliquer que son salaire de merde (entre entre 20 et 25% moins qu'e mes autres pistes) c'est déjà un fleur qu'il me fait. Connard. Il fait plein de calculs bidons basés sur des chiffres qui changent à chaque exemple pour justifier le niveau du salaire. Et ça dure, et ça dure. J'avais un sourire rivé pendant tout l'entretien, pas vraiment parce que je goutais à sa finesse. Il m'explique que oui, mon expérience me confère un tout petit plus, et qu'en s'arrachant le coeur il peut lâcher un peu plus maintenant et peut-être un peu plus dans 6 mois, mais pas mieux, "c'est le marché". Mon cul. Enfin maintenant je sais comment sa SSII a atteint le niveau qu'elle a en Europe : en pressant à mort ses employés pour des salaires de merde, ils arrivent sans doute à vendre des prestations pas très cher. Détestable. Tout pour la boîte, celui qui bosse on s'en fout. Mais attention lui en 15 ans il a multiplié son salaire par 7 ! Waaaahouuuuuuu ! Ouais bah si pour ça il faut oublier toute vie sociale pendant 10 ans puis gérer des jeunes qu'on va exploiter à mort avec un salaire indécent, très peu pour moi.
Voilà le modèle de réussite qu'on vend maintenant. Soyez une machine dévouée à la boîte, devenez un connard arrogant, et vous serez riche. En tant qu'humain vous ne valez pas grand chose, mais un pas grand chose pété de pognon, comme ça les amis que vous n'avez jamais pu avoir bah vous pouvez les acheter ! Génial non ? Le gars croit vendre du rêve, le rêve américain dans toute son horreur ; à moi il a vendu un cauchemar, et un cauchemar cheap en plus. Voilà la réalité du monde de la prestation dans les grosses boîtes. Mais il aimerait que je les rejoigne, en tout cas. Bah je vais réfléchir, j'ai répondu. Mais les portes de l'ascenceur à peine fermées j'étais déjà en train de rigoler. Je pourrais jamais respecter un mec comme ça, et j'ai vraiment pas envie de bosser dans le genre d'environnement qu'il me propose, entouré de gens qui ont une calculatrice dans la tête et ont le cynisme d'exploiter les gens en les traitant comme de la amrchandise interchangeable. J'espère bien qu'on me bottera le cul avant que je ne devienne ne serait-ce qu'un centième aussi connard, arrogant et narcissique que ça.
En gros, le projet pour lequel je suis hyper chaud a l'air mal engagé ; l'autre boîte qui me plaît a priori moins parce que je m'éloigne de mon secteur d'activité est tout de même une bonne piste et à l'air d'une structure plutôt agréable ; et j'ai enfin une autre piste toute pourrie qui me mènera droit en Enfer même si je ne suis pas croyant... Le jury va bientôt se retirer pour délibérer, le verdict est proche. To be concluded.
Mon autre piste qui me botte à fond n'a -évidemment- pas (encore ?) donné de nouvelles, ce serait trop beau. Surtout que depuis je pense avoir identifié de quel client il s'agit et où il est situé exactement, ce qui me ajoute encore à mon envie de m'y retrouver. J'ai renvoyé un mail pour voir où ça en est, je n'ai pas encore eu de réponse. C'est pas encore perdu, mais c'est pas super bon signe a priori. Wait and see comme dirait l'autre, même si il se pourrait qu'il n'y ait justement rien à voir.
Enfin bon, un peu plus fun : je n'en avais pas parlé exprès, mais hier j'avais un autre rendez-vous. Contacté par téléphone comme d'habitude, je reçois un mail de confirmation, et c'est là que tout commence. Le programme : RV à la Défense à 9h30 donné par un cabinet de recrutement mais directement chez le client, blabla d'un gars du cabinet, test de logique, blabla du client (une SSII) a propos de lui-même et de son client à lui (une boîte pharma), entretien avec les gens du cabinet puis avec le client (la SSII, donc). Vu le process de recrutement à la con, et le fait qu'il était prévu que certains aient des entretiens jusque dans l'après-midi, j'ai hésité à y aller. Mais bon, je m'y suis rendu, bien décidé à monter un bateau pour ne pas être parmi ceux devant revenir l'après midi.
Je passe sur le blabla du mec du cabinet de recrutement, et on arrive au test de logique. Un petit livret de quelques pages, noté sur 50, avec questions du genre "trouvez l'intrus dans cette liste de mots", "complétez la suite numérique", "quelle est la prochaine figure", "quel est le domino manquant", etc. Ils annoncent qu'en dessous de 30 c'est franchement pas top. On était 5, un a eu 30.5, ras la moustache quoi. Moi j'ai majoré (un peu d'auto-satisfaction ne nuit pas) avec 41, c'est bien ça met en confiance.
Puis vient le speech du responsable de la SSII recrutant. Jamais entendu autant de propagande de la part d'une SSII. Il explique qu'ils prennent souvent des débutants pour bien les former à leurs méthodes. Il explique qu'il faut s'investir à fond pour être payé de retour. En gros il veut des bons petits mercenaires prêts à bosser 50 heures par semaine au moins. Ce mec étant d'une modestie à toute épreuve, il passe la moitié de son temps à se féliciter de sa propre réussite, expliquant que d'habitude on évolue tous les 3/4 ans en gros, mais que lui il a tout fait en 6 ans parce qu'il est extraordinaire. Qu'il bossait 16h par jour, et que même une fois pendant un projet de 8 mois il n'a pas pris un seul WE et était plutôt vers 100h par semaine. Moi j'appelle ça un putain de carriériste. Ainsi, en pointillé de la présentation de la SSII, il passera la moitié du temps à expliquer qu'il faut s'investir pour la boîte et que celle-ci saura l'apprécier, même si forcément y a pas de la place pour tout le monde pour évoluer, et blablabla.
A ce niveau là je rigolais pas mal, parce que le message était tellement gros que ça en devenait ridicule. Enfin bon, Tu Te dis que si on demande un gros investissement et une grosse motivation proche du dévouement, c'est qu'on sera payé à la hauteur des attentes. Que dalle ! Pendant l'entretien personnalisé avec lui, on ne parle absolument pas du candidat, mais de lui Mr le responsable et pourquoi il ne peut offrir qu'un salaire de merde. Il prend des exemples à la con, genre un peintre en bâtiment, pour expliquer que l'expérience c'est pas important, compare mes études à maths sup pour me dire que bon tout ce que j'ai fait c'était simple et à la portée de tous, alors qu'en maths sup, "là on réfléchit". Non seulement il est totalement imbu de sa personne mais en plus il cherche à me rabaisser pour m'expliquer que son salaire de merde (entre entre 20 et 25% moins qu'e mes autres pistes) c'est déjà un fleur qu'il me fait. Connard. Il fait plein de calculs bidons basés sur des chiffres qui changent à chaque exemple pour justifier le niveau du salaire. Et ça dure, et ça dure. J'avais un sourire rivé pendant tout l'entretien, pas vraiment parce que je goutais à sa finesse. Il m'explique que oui, mon expérience me confère un tout petit plus, et qu'en s'arrachant le coeur il peut lâcher un peu plus maintenant et peut-être un peu plus dans 6 mois, mais pas mieux, "c'est le marché". Mon cul. Enfin maintenant je sais comment sa SSII a atteint le niveau qu'elle a en Europe : en pressant à mort ses employés pour des salaires de merde, ils arrivent sans doute à vendre des prestations pas très cher. Détestable. Tout pour la boîte, celui qui bosse on s'en fout. Mais attention lui en 15 ans il a multiplié son salaire par 7 ! Waaaahouuuuuuu ! Ouais bah si pour ça il faut oublier toute vie sociale pendant 10 ans puis gérer des jeunes qu'on va exploiter à mort avec un salaire indécent, très peu pour moi.
Voilà le modèle de réussite qu'on vend maintenant. Soyez une machine dévouée à la boîte, devenez un connard arrogant, et vous serez riche. En tant qu'humain vous ne valez pas grand chose, mais un pas grand chose pété de pognon, comme ça les amis que vous n'avez jamais pu avoir bah vous pouvez les acheter ! Génial non ? Le gars croit vendre du rêve, le rêve américain dans toute son horreur ; à moi il a vendu un cauchemar, et un cauchemar cheap en plus. Voilà la réalité du monde de la prestation dans les grosses boîtes. Mais il aimerait que je les rejoigne, en tout cas. Bah je vais réfléchir, j'ai répondu. Mais les portes de l'ascenceur à peine fermées j'étais déjà en train de rigoler. Je pourrais jamais respecter un mec comme ça, et j'ai vraiment pas envie de bosser dans le genre d'environnement qu'il me propose, entouré de gens qui ont une calculatrice dans la tête et ont le cynisme d'exploiter les gens en les traitant comme de la amrchandise interchangeable. J'espère bien qu'on me bottera le cul avant que je ne devienne ne serait-ce qu'un centième aussi connard, arrogant et narcissique que ça.
En gros, le projet pour lequel je suis hyper chaud a l'air mal engagé ; l'autre boîte qui me plaît a priori moins parce que je m'éloigne de mon secteur d'activité est tout de même une bonne piste et à l'air d'une structure plutôt agréable ; et j'ai enfin une autre piste toute pourrie qui me mènera droit en Enfer même si je ne suis pas croyant... Le jury va bientôt se retirer pour délibérer, le verdict est proche. To be concluded.
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