La semaine d'un chercheur d'emploi
En ce moment je passe pas mal de temps à répondre au téléphone, à me déplacer à droite à gauche, et à passer des entretiens. Et j'aime pas ça, les entretiens. Je ne suis pas un vendeur, je déteste faire l'article de quelque chose, encore plus si c'est moi. Mais bon, c'est comme ça que ça marche, alors si je veux retrouver un boulot, faut bien s'y plier. Et puis en ce moment mes entretiens se passent relativement bien. Depuis que je me suis retrouvé sur le marché des demandeurs d'emploi, ou plutôt des offreurs de service (sisi ça change tout, et y a des gens qui sont payés pour trouver ce genre de vocabulaire et expressions), j'ai eu plusieurs pistes intéressantes. Une où j'ai passé un entretien, qui s'était bien passé, mais qui n'a pas abouti, probabement pour une histoire de niveau d'expérience. Là j'étais pas mal déçu, parce que le poste avait l'air vraiment intéressant, et dans mon secteur d'activité.
Pour dynamiser un peu tout ça, j'ai réactualisé mon CV sur Monster (la moindre modification permet de remettre un CV dans la fournée que les recruteurs reçoivent). Si il y a des lecteurs ici qui cherchent ou chercheront bientôt du taff en informatique, Monster ça marche très très bien. Le lendemain de cette réactualisation je recevais deux coups de fil : un d'une SSII où je suis déjà allé plusieurs fois (qui me propose un RV le lundi suivant, soit hier), et un d'une autre société de consultants que je ne connaissais pas. Cette boîte (on était mardi en fin d'après-midi) me demande si je peux venir le lendemain. Moi je fais le gars motivé, pas de problème. Je me rencarde un peu sur la boîte, leur coeur de métier correspond à ce que je viens de faire depuis un an, qui avait fini par me souler un peu à la fin, mais m'avait intéressé au début : l'assurance projet, le recettage, la validation. Autre petit souci, ils n'ont pas le domaine des sciences du vivant en secteur d'activité. Mais j'ai pas grand chose à perdre à aller voir, si ce n'est quelques heures.
Donc mercredi j'enfile mon tout beau tout nouveau costard, je tape "noeud de cravate"sous Google pour apprendre à faire un noeud, je lutte pour le faire à la bonne longueur, j'enfile mes nouvelles pompes (en gros tout ce que je porte est tout neuf), et je suis parti. Au bout de 200 mètres, j'ai les tendons d'Achille ruinés par mes grolles, et je marche pas très naturellement tellement ça me tue. Dans train, je récupère l'enveloppe d'une réponse négative que j'ai reçu le jour même, et je m'en sers pour protéger mes talons des chaussures en glissant des morceaux de papier dans mes chaussettes. Système D, mais ça m'a un peu soulagé. Je me perds un peu en sortant du train, un mec a la bonne idée de faire un grand mouvement de bras avec sa clope à la main qui finit sur mon costard (je l'aurai tué, heureusement y a pas eu de trou ou de trace) et j'arrive poile à l'heure au RV après avoir franchi le cerbère à l'acceuil dont l'amabilité ferait passer le zéro absolu pour une température tropicale à midi en plein été.
Je savais que le process de recrutement de cette boîte se passe en trois entretiens, là j'en suis qu'au premier, donc je vois un ingénieur d'affaire. Entretien classique : "parlez moi de vous, qu'est ce que vous recherchez, qu'est ce que vous connaissez de nous, blabla". Mon speech commence à être pas mal rodé, et j'ai retenu les trucs principaux sur la boîte. Tout ça se passe bien, le mec en face de moi doit avoir 3 ans de plus grand max, visiblement mon profil et mon blabla font effet. Il sort voir sa chef, et revient en me demandant si je peux revenir deux jours après (le vendredi) voir sa chef. Rapide. Forcément je dis oui, rendez-vous est pris, et je repars en trainant mes talons ensanglantés.
Jeudi je reçois un autre coup de fil, le gars me demande si je suis mobile, je réponds "oui, mais ponctuellement, sinon je préfère rester basé en région parisienne". Il me demande si je serais prêt à partir 4/5 mois à Caen par exemple. Je suis pas encore mort de faim, non merci. Me faire ballader tous les 6 mois d'une ville à l'autre, très peu pour moi. Missions courtes, vie sociale zéro, nulle part chez toi, ça me fait pas rêver. Et puis Caen, j'y suis allé à Noel, c'est pas mon idéal. Le seul avantage c'est que je pourrais avoir 100 m² pour le même loyer qu'actuellement. On s'en tiendra donc là.
Vendredi je retourne donc dans l'autre boîte, ayant pris soin d'acheter du sparadap et du coton (démaquillant, y avait que ça) pour préserver mes pauvres tendons. Ce coup-ci je me perds pas, et je rencontre la chef en question. Là commence la vraie vente de soi-même, ce qu'on apporte, ce qu'on recherche, ce qu'on attend de la boîte, blablabla. La nana veut jauger comment je m'exprime, si j'ai les idées claires, si j'ai compris le boulot de consultant, etc. Ca se passe très bien, elle me dit juste que je devrai sourire plus (pas la première fois que je me fais dégommer là-dessus), et elle sort faire le tour de ses ingénieurs pour voir si l'un d'eux a déjà un projet pour moi. Rapide, encore une fois. Au moins y a de l'efficacité. Je revois l'ingénieur que j'avais vu deux jours avant, on parle un peu de ce qu'il a sous la main, et re-rendez-vous le mardi suivant (aujourd'hui dans 3h), pour rencontrer le responsable du projet et le responsable de la boîte pour parler pognon. Ca va limite trop vite pour moi, puisque j'attends d'autes retours sur mes futurs entretiens.
Hier (lundi), je retourne dans une SSII connue, je rencontre un nouveau manager, je ressors mon speech, mais là je sais qu'il y a un projet derrière tout ça. Je suis assez convaincant, le gars me parle du projet en question, qui a priori me correspond pas mal, donc là je joue le jeu à fond, y a pas plus motivé que moi. En plus c'est dans mon secteur d'activité, youpi ! On parle pognon, et c'est intéressant (plus que l'autre). Géographiquement il me dit que ça doit être a peu près à 5 minutes de chez moi. Ok, ce taff je le veux. Je joue cartes sur table, son projet m'intéresse à fond, mais j'ai un autre truc sur le feu, donc y faut que ça aille vite. Lui aussi veut aller vite, tant mieux. Il voit le client aujourd'hui, c'est là l'étape clé. Lui est chaud pour me prendre, maintenant il doit convaincre le client. Au moins je devrai etre fixé très vite. Je lui donne mes diponibilités pour aller voir le client, et je joue le mec arrangeant près à décaler des trucs pour ça.
En attendant, je vais donc aller au 3e entretien de l'autre boîte qui m'intéresse moins, et je vais de toute façon jouer la montre. A moins que ça ne se passe pas bien et que ça s'arrête là, ce qui reste possible. En tout cas j'ai deux pistes sérieuses sur le feu, sans garanties, mais au moins les choses bougent et ça c'est cool. Avec un peu de bol, j'aurai un job à la fin de la semaine. En attendant, je vais ressortir le sparadrap et le coton demaquillant...
Pour dynamiser un peu tout ça, j'ai réactualisé mon CV sur Monster (la moindre modification permet de remettre un CV dans la fournée que les recruteurs reçoivent). Si il y a des lecteurs ici qui cherchent ou chercheront bientôt du taff en informatique, Monster ça marche très très bien. Le lendemain de cette réactualisation je recevais deux coups de fil : un d'une SSII où je suis déjà allé plusieurs fois (qui me propose un RV le lundi suivant, soit hier), et un d'une autre société de consultants que je ne connaissais pas. Cette boîte (on était mardi en fin d'après-midi) me demande si je peux venir le lendemain. Moi je fais le gars motivé, pas de problème. Je me rencarde un peu sur la boîte, leur coeur de métier correspond à ce que je viens de faire depuis un an, qui avait fini par me souler un peu à la fin, mais m'avait intéressé au début : l'assurance projet, le recettage, la validation. Autre petit souci, ils n'ont pas le domaine des sciences du vivant en secteur d'activité. Mais j'ai pas grand chose à perdre à aller voir, si ce n'est quelques heures.
Donc mercredi j'enfile mon tout beau tout nouveau costard, je tape "noeud de cravate"sous Google pour apprendre à faire un noeud, je lutte pour le faire à la bonne longueur, j'enfile mes nouvelles pompes (en gros tout ce que je porte est tout neuf), et je suis parti. Au bout de 200 mètres, j'ai les tendons d'Achille ruinés par mes grolles, et je marche pas très naturellement tellement ça me tue. Dans train, je récupère l'enveloppe d'une réponse négative que j'ai reçu le jour même, et je m'en sers pour protéger mes talons des chaussures en glissant des morceaux de papier dans mes chaussettes. Système D, mais ça m'a un peu soulagé. Je me perds un peu en sortant du train, un mec a la bonne idée de faire un grand mouvement de bras avec sa clope à la main qui finit sur mon costard (je l'aurai tué, heureusement y a pas eu de trou ou de trace) et j'arrive poile à l'heure au RV après avoir franchi le cerbère à l'acceuil dont l'amabilité ferait passer le zéro absolu pour une température tropicale à midi en plein été.
Je savais que le process de recrutement de cette boîte se passe en trois entretiens, là j'en suis qu'au premier, donc je vois un ingénieur d'affaire. Entretien classique : "parlez moi de vous, qu'est ce que vous recherchez, qu'est ce que vous connaissez de nous, blabla". Mon speech commence à être pas mal rodé, et j'ai retenu les trucs principaux sur la boîte. Tout ça se passe bien, le mec en face de moi doit avoir 3 ans de plus grand max, visiblement mon profil et mon blabla font effet. Il sort voir sa chef, et revient en me demandant si je peux revenir deux jours après (le vendredi) voir sa chef. Rapide. Forcément je dis oui, rendez-vous est pris, et je repars en trainant mes talons ensanglantés.
Jeudi je reçois un autre coup de fil, le gars me demande si je suis mobile, je réponds "oui, mais ponctuellement, sinon je préfère rester basé en région parisienne". Il me demande si je serais prêt à partir 4/5 mois à Caen par exemple. Je suis pas encore mort de faim, non merci. Me faire ballader tous les 6 mois d'une ville à l'autre, très peu pour moi. Missions courtes, vie sociale zéro, nulle part chez toi, ça me fait pas rêver. Et puis Caen, j'y suis allé à Noel, c'est pas mon idéal. Le seul avantage c'est que je pourrais avoir 100 m² pour le même loyer qu'actuellement. On s'en tiendra donc là.
Vendredi je retourne donc dans l'autre boîte, ayant pris soin d'acheter du sparadap et du coton (démaquillant, y avait que ça) pour préserver mes pauvres tendons. Ce coup-ci je me perds pas, et je rencontre la chef en question. Là commence la vraie vente de soi-même, ce qu'on apporte, ce qu'on recherche, ce qu'on attend de la boîte, blablabla. La nana veut jauger comment je m'exprime, si j'ai les idées claires, si j'ai compris le boulot de consultant, etc. Ca se passe très bien, elle me dit juste que je devrai sourire plus (pas la première fois que je me fais dégommer là-dessus), et elle sort faire le tour de ses ingénieurs pour voir si l'un d'eux a déjà un projet pour moi. Rapide, encore une fois. Au moins y a de l'efficacité. Je revois l'ingénieur que j'avais vu deux jours avant, on parle un peu de ce qu'il a sous la main, et re-rendez-vous le mardi suivant (aujourd'hui dans 3h), pour rencontrer le responsable du projet et le responsable de la boîte pour parler pognon. Ca va limite trop vite pour moi, puisque j'attends d'autes retours sur mes futurs entretiens.
Hier (lundi), je retourne dans une SSII connue, je rencontre un nouveau manager, je ressors mon speech, mais là je sais qu'il y a un projet derrière tout ça. Je suis assez convaincant, le gars me parle du projet en question, qui a priori me correspond pas mal, donc là je joue le jeu à fond, y a pas plus motivé que moi. En plus c'est dans mon secteur d'activité, youpi ! On parle pognon, et c'est intéressant (plus que l'autre). Géographiquement il me dit que ça doit être a peu près à 5 minutes de chez moi. Ok, ce taff je le veux. Je joue cartes sur table, son projet m'intéresse à fond, mais j'ai un autre truc sur le feu, donc y faut que ça aille vite. Lui aussi veut aller vite, tant mieux. Il voit le client aujourd'hui, c'est là l'étape clé. Lui est chaud pour me prendre, maintenant il doit convaincre le client. Au moins je devrai etre fixé très vite. Je lui donne mes diponibilités pour aller voir le client, et je joue le mec arrangeant près à décaler des trucs pour ça.
En attendant, je vais donc aller au 3e entretien de l'autre boîte qui m'intéresse moins, et je vais de toute façon jouer la montre. A moins que ça ne se passe pas bien et que ça s'arrête là, ce qui reste possible. En tout cas j'ai deux pistes sérieuses sur le feu, sans garanties, mais au moins les choses bougent et ça c'est cool. Avec un peu de bol, j'aurai un job à la fin de la semaine. En attendant, je vais ressortir le sparadrap et le coton demaquillant...
Publicité