This is Sparta !!!!
Rien qu'avec ce titre, une bonne partie d'entre vous sait déjà de quoi je vais parler, je pense. Eh oui, au menu d'aujourd'hui : du body-buildé en jupette, de la grosse baston, des lances, des boucliers et du cadavre à la pelle avec 300, film de Zack Snyder inspiré du comics de Frank Miller (que je n'ai pas lu). 300 est basé sur la bataille des Thermopyles, où 300 spartiates suivant leur roi Leonidas ont tenu tête aux légions perses de l'empereur Xerxes, dans un combat perdu d'avance avec un désavantage numérique gigantesque. Le scénario est assez léger mais n'a pas vraiment d'autre prétention à mon sens que celle de servir de support à une grande fresque guerrière où chaque image est travaillée à l'extrême. Perso, j'ai jamais été particulièrement fan de péplum, genre à la gloire passée, mais j'ai jamais rien eu contre non plus. Le dernier grand péplum hollywoodien en date doit remonter à Gladiator, en 2000 ; un péplum tous les 7 ans ça me paraît raisonnable. En plus la bande annonce était vraiment énorme, bien qu'elle en montre trop, et à force de me la passer en boucle j'étais très impatient de le voir.Ce qui m'a plus, ce n'est pas spécialement le fait que ce soit un péplum où un film de guerre, mais son aspect hyper-esthétisant. La BA annonçait clairement la couleur, tout est travaillé à l'extrême sur l'image. Gros grain, couleurs refaites numériquement, travail sur la lumière, cadrages, mise en scène, Snyder pousse à fond la composition de ses images. Beaucoup de ralentis mais aussi d'accélérés lors des batailles mais pas seulement, et toujours pour augmenter encore la beauté des scènes et le poids de certaines passages. Tout le monde n'aime pas ce genre de réalisation, moi j'adore quand c'est bien fait, et c'est largement le cas ici. Les personnages sont évidemment des gros poseurs, mais quitte à les filmer au ralenti autant que ça soit pour quelque chose. Ca permet notamment d'apprécier pleinement les nombreuses scènes de bataille en corps en corps, en laissant le temps d'apprécier les réglages des scènes. La supériorité individuelle des spartiates apparaît ainsi évidente sans avoir à utiliser les artifices habituels du "héros qui tue 5 méchants avec une seule balle". Esthétisme des images, batailles impressionnantes au corps à corps, ralentis, il faut donc aimer un certain côté un peu pompier pour apprécier pleinement le film, et ne pas rechercher spécialement une grande finesse dans le traitement. Ici le but est clair, en mettre plein la vue au spectateur, et 300 envoie du lourd, tout en restant très lisible et hyper immersif.
En entrant dans la salle, je m'attendais donc à du gros divertissement aux images hyper léchées, avec de grosses scènes de bataille un peu barbares et bien filmées. Par contre je m'attendais à une prestation d'acteur plutôt moyenne, le film n'étant interprété que par des plus ou moins inconnus et les body-builders n'étant pas forcément dans mon idée la population la plus à même de fournir de bons acteurs. Globalement, je me suis pas totalement fourvoyé, le casting n'étant pas mauvais mais ne cassant pas vraiment des briques. Le capitaine de Leonidas, par exemple, n'est pas exceptionnel. Mais dans tout ça ressort carrément Gerard Butler, qui interprète Leonidas. Très impressionnant physiquement, le bonhomme réussit à être convaincant dans toutes ses scènes, que ce soit quand il mène l'assaut, doute ou se fout de son adversaire. La scène où il rejette l'offre de l'émissaire perse en beuglant "This is Sparta" avec sa grosse voix est déjà culte pour moi, tellement on sent sa conviction. Il est plus que crédible dans le rôle du chef. Plus tard, lors des scènes d'affrontement, son regard sous son casque fait réellement peur tellement on croit à sa rage de vaincre et à sa volonté de ratatiner tout ce qui arrivera du camp adverse. J'aurai été perse je serai rentré vite fait chez moi. La rage laisse place plus loin à un air goguenard et moqueur, et ici ou là au doute. Dans la scène finale, il est là encore parfait, avec une lueur dans le regard qui laisse passer de la fierté, du regret mais pas de remord, de la douleur, dans un mélange en fait assez indescriptible. Moi il m'a marqué, parce que je suis rentré à fond dans le film, mais j'imagine qu'on peut trouver qu'il surjoue si on ne s'immerge pas dedans.
Pour finir, parlons un peu des critiques reçues par le film. Il y en a pour tous les goûts, du "c'est tout pourri" au "c'est magnifique", et vu le film ça ne m'étonne guère. Ce qui m'a plus surpris c'est de lire des critiques taxant le film de fachiste et autres amabilités. Libé, par exemple : "Péplum bushiste... 300 est un atroce film de propagande dont l'idéologie de droite extrême donne envie de vomir... Il faut vraiment le faire exprès pour ne pas voir ici une justification de la politique belliqueuse de l'administration Bush et de l'intervention en Irak ou de la future invasion de l'Iran". Sparte était une société de guerriers, rude et pratiquant l'eugénisme, ce n'est pas pour autant que le film fait l'apologie de l'eugénisme ou de la guerre. Les Spartiates apparaissent comme des grosses brutes un rien tarées et limitées (on leur demande quel est leur métier, ils braillent des onomatopées, et Leonidas dit qu'un seul d'entre eux est capable d'éloquence), et personnellement ça m'a pas vraiment envie de déménager à Sparte (Montrouge ça a l'air plus normal). Le film, c'est donc des tarés eugénistes contre de barbares impérialistes, je vois pas bien qui en ressort grandit. C'est du divertissement, les mecs, un péplum un brin kitsch assumé avec un peu d'humour et réalisé par un mec qui avant a fait un film de zombies. Y a vraiment des gens qui ont rien à foutre pour voir des trucs comme ça dans un film de ce genre. Pour moi, ces critiques sont à peu près du même niveau que la polémique lors de la sortie de Starship Troopers qui avait lui aussi été qualifié de film facho, nazi et autres conneries par certains ; ou encore Amélie Poulain qui avait taxé dans Libé toujours (par Serge Kaganski des Inrocks) de film présentant "une France rétrograde, ethniquement nettoyée, nauséabonde ". Je dois être trop bête pour ne pas avoir vu tout ça dans ces films, et c'est vrai qu'en sortant de la salle j'avais envie d'envahir un pays étranger, comme quand j'écoute Wagner...
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