Vite fait, en passant...
Une fausse note (huhu) pour pas oublier un tuc super profond énoncé par notre grand philosophe à l'esprit aiguisé comme un ultramicrotome, j'ai nommé Arthur. Non content d'être un gigantesque animateur télé, et aussi un comique de génie, l'homme est à ses heures un grand défenseur de la morale doublé d'un orateur incomparable. Alors que j'allumais ma télé pour lancer le DVD de Retour vers le futur, je tombe sur l'animateur auto-proclamé plus con (titre sans doute pas usurpé), qui présente les NRJ Music Awards, évènement majeur de la Musique avec un M majuscule. Après une vanne à se tordre de rire, le grand homme prend un air grave pour nous parler d'un vrai fléau mondial : le téléchargement. Pas le piratage, hein... Le téléchargement. En ces mots, déjà inoubliables et qui se sont transmettront aux générations futures (l'émotion m'empêche de les citer exactement, tant de profondeur ne s'imprime pas avec précision dans mon esprit improprement préparé à une telle déferlante d'éloquence) : "Le téléchargement c'est pas bien. Y faut pas télécharger, vous pouvez aller en prison." Et de nous jouer un petit sketch pour nous aider à comprendre ce vibrant message : "Pourquoi t'es là, toi ? Bah j'ai tué ma femme, et toi ? Bah moi j'ai téléchargé". Que d'émotion...
Arthur, si beau, si intelligent, si riche, si grand, n'a pas pensé une seule seconde à faire la distinction entre téléchargement légal et illégal. Voilà, toi qui achètes sur iTunes, Virgin Mega ou je ne sais quoi, Arthur t'a jugé et condamné. Alors soit il a pas été foutu de lire correctement le texte probablement écrit par un autre grand humaniste genre Pascal Negre ; soit il a tenté d'improviser avec son petit sketch et il a oublié des mots. Au final ça a donné un gros plantage. A mon avis la grande majorité des gens qui regardent les NRJ Music Awards n'ont évidemment pas relevé et de toute façon s'en foutent, mais moi ça m'énerve. Immédiatement, ça m'a fait penser à quelqu'un d'autre qui avait utilisé un raccourci malheureux, passé globalement inaperçu et qui m'avait choqué : notre ministre de l'Intérieur. Ce cher Nico, alors en déplacement je ne sais pas où, apprend pendant une élocution l'arrestation d'Yvan Colonna et l'annonce en ces termes : "Je vous annonce qu'on arrêté Yvan Colonna, l'assassin du préfet Erignac". Pas assassin présumé, assassin. Pas jugé, déjà condamné. Peu ont relevé, et la nuance peut sembler insignifiante, mais autant que je me souvienne, il n'avait pas été reconnu coupable, il était soupçonné, il y avait un "faisceau de présomptions" comme on dit. Voilà comment, à force de faire des phrases courtes qui tiennent dans un sujet du 20h ou entre deux pubs, on prend des raccourcis malheureux. Pourtant, s'exprimer précisément et réfléchir à ce qu'on dit, c'est à la portée de tous. Ou pas, visiblement, quand ils improvisent...PS : je mets des images de Retour vers le futur plutôt que d'Arthur ou Sarko, c'est plus sympa je trouve... ^^
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