Des filles et du punk en N&B
Ce soir, je Te propose d'inaugurer la rubrique Lecture. A force de la laisser vide, le risque de passer pour un illettré devenait grand. Il était donc temps d'y remédier, mais pas totalement. Comme je Te devine perplexe face à cette dernière phrase, je ne vais pas Te laisser plongé dans une confusion anxiogène et destructurante plus longtemps. Ce soir donc, je vais Te parler d'un roman graphique, l'intermédiaire entre un "vrai" livre et une BD.
Locas, de Jaime Hernandez, dont le premier volume a été publié au Seuil en fin d'année dernière. Beau pavé de 350 pages, ce bouquin est le premier des deux tomes couvrant l'intégralité des aventures de Hopey et Maggie, ses deux protagonistes principales. Ces deux tomes faisant quant à eux partie de la série Love and Rockets, débutée dans les années 80, la saga d'Hopey et Maggie ayant commencé en 85. Un rapide calcul Te montrera que cette série a donc une bonne vingtaine d'années, ceci expliquant en partie pourquoi ce volume a reçu le prix du patrimoine à Angoulême cette année. En partie seulement, parce que l'ancienneté n'est pas le seul critère valable pour remporter le prix. La qualité, Tu T'en doutes, en est un autre, et à ce niveau là Hernandez n'a pas volé sa récompense, et je vais essayer de T'en convaincre. Mais décrivons un peu le contenu de cette histoire, pour commencer.
Maggie et Hopey sont deux jeunes femmes un peu paumées, punkettes ayant quitté leurs familles et vivant comme elles peuvent, avec le système D comme meilleur ami. Elles évoluent en pleine vague punk, leur marginalité en signe de rébellion. Un petit boulot par ci, un squat par là, mais ces deux locas (folles, en espagnol, si je ne m'abuse) s'en accomodent. Hernandez nous propose de suivre leurs aventures, à différents moments de leur jeune vie. N'espère pas un petit laïus explictaif du scénario, ce volume regroupe une trentaine de chapitres et est totalement impossible à résumer. Hernandez développe un univers très personnel, tour à tour drôle, triste, cruel, poétique, dur, fantasque... Selon les chapitres, l'histoire flirte avec des elements de SF old-school, de comics, de fantastique, de culture punk, de critique sociale, de pulp, etc. Locas est à l'image de son titre et de ses héroïnes : un peu fou, Hernandez touchant un peu à tous les genres dans un mélange improbable à la saveur unique. La pièce qui fait tenir le tout est l'amitié (voire un peu plus) indéfectible bien que compliquée entre Maggy et Hopey. Et ça marche très bien, et on en redemande. Les personnages sont incroyablement attachants, humains, touchants. Hernandez touche toujours juste, et distille à merveile cette petite graine de folie qui rend ses personnages encore plus marginaux qu'ils ne l'etaient déjà et son univers si décalé. Ce mélange de réalisme et d'imaginaire, ces variations de tons entre légèreté et gravité ne seront pas du goût de tout le monde et pourra en décontenancer certains qui n'arriveront pas à se laisser porter par ces personnages et ce monde un peu particuliers. Pourtant, la personnalité de Hopey la punkette rebelle, les peines de coeur de Maggie l'hispano rondelette, leur(s) amour(s), et tous les personnages qui gravitent autour d'elles méritent le coup d'oeil.
Comme la couverture le suggère, Locas est une oeuvre en noir et blanc. Le dessin de Hernandez est d'une excellente qualité, à la fois simple et détaillé et d'une lisibilité exemplaire et d'une élégance remarquable. Les expressions faciales font souvent mouche, et contrairement aux comics mainstream les femmes ne sont pas des pin-up et les hommes n'ont pas une musculature à faire pâlir un athlète olympique, ce sont des gens normaux, voire marginaux puisque nos héroïnes naviguent dans le milieu punk des années 80. On croise donc toute une galerie de portraits différents, de la punkette au crâne rasé au latino gominé, en passant par le milliardaire excentrique cornu, la bimbo, les catcheuses ou le mécano bellâtre.
J'espère T'avoir convaincu, lectrice, lecteur, de donner sa chance à cette série atypique, parce qu'elle en vaut le détour, et je pense sincèrement que tout le monde ne peut que l'apprécier, à condition d'accepter son côté un peu space. Fais moi confiance et laisse-Toi porter par cet univers à l'alchimie si particulière, Tu ne le regretteras pas, j'en suis sûr. Autre argument : pour ces 350 pages de pur bonheur scénaristique et de réjouissance visuelle, il ne t'en coûtera que 19 euros. Pour deux nanas comme Hopey et Maggie, et tous leurs potes, c'est vraiment une misère...
Locas, de Jaime Hernandez, dont le premier volume a été publié au Seuil en fin d'année dernière. Beau pavé de 350 pages, ce bouquin est le premier des deux tomes couvrant l'intégralité des aventures de Hopey et Maggie, ses deux protagonistes principales. Ces deux tomes faisant quant à eux partie de la série Love and Rockets, débutée dans les années 80, la saga d'Hopey et Maggie ayant commencé en 85. Un rapide calcul Te montrera que cette série a donc une bonne vingtaine d'années, ceci expliquant en partie pourquoi ce volume a reçu le prix du patrimoine à Angoulême cette année. En partie seulement, parce que l'ancienneté n'est pas le seul critère valable pour remporter le prix. La qualité, Tu T'en doutes, en est un autre, et à ce niveau là Hernandez n'a pas volé sa récompense, et je vais essayer de T'en convaincre. Mais décrivons un peu le contenu de cette histoire, pour commencer.Maggie et Hopey sont deux jeunes femmes un peu paumées, punkettes ayant quitté leurs familles et vivant comme elles peuvent, avec le système D comme meilleur ami. Elles évoluent en pleine vague punk, leur marginalité en signe de rébellion. Un petit boulot par ci, un squat par là, mais ces deux locas (folles, en espagnol, si je ne m'abuse) s'en accomodent. Hernandez nous propose de suivre leurs aventures, à différents moments de leur jeune vie. N'espère pas un petit laïus explictaif du scénario, ce volume regroupe une trentaine de chapitres et est totalement impossible à résumer. Hernandez développe un univers très personnel, tour à tour drôle, triste, cruel, poétique, dur, fantasque... Selon les chapitres, l'histoire flirte avec des elements de SF old-school, de comics, de fantastique, de culture punk, de critique sociale, de pulp, etc. Locas est à l'image de son titre et de ses héroïnes : un peu fou, Hernandez touchant un peu à tous les genres dans un mélange improbable à la saveur unique. La pièce qui fait tenir le tout est l'amitié (voire un peu plus) indéfectible bien que compliquée entre Maggy et Hopey. Et ça marche très bien, et on en redemande. Les personnages sont incroyablement attachants, humains, touchants. Hernandez touche toujours juste, et distille à merveile cette petite graine de folie qui rend ses personnages encore plus marginaux qu'ils ne l'etaient déjà et son univers si décalé. Ce mélange de réalisme et d'imaginaire, ces variations de tons entre légèreté et gravité ne seront pas du goût de tout le monde et pourra en décontenancer certains qui n'arriveront pas à se laisser porter par ces personnages et ce monde un peu particuliers. Pourtant, la personnalité de Hopey la punkette rebelle, les peines de coeur de Maggie l'hispano rondelette, leur(s) amour(s), et tous les personnages qui gravitent autour d'elles méritent le coup d'oeil.
Comme la couverture le suggère, Locas est une oeuvre en noir et blanc. Le dessin de Hernandez est d'une excellente qualité, à la fois simple et détaillé et d'une lisibilité exemplaire et d'une élégance remarquable. Les expressions faciales font souvent mouche, et contrairement aux comics mainstream les femmes ne sont pas des pin-up et les hommes n'ont pas une musculature à faire pâlir un athlète olympique, ce sont des gens normaux, voire marginaux puisque nos héroïnes naviguent dans le milieu punk des années 80. On croise donc toute une galerie de portraits différents, de la punkette au crâne rasé au latino gominé, en passant par le milliardaire excentrique cornu, la bimbo, les catcheuses ou le mécano bellâtre.J'espère T'avoir convaincu, lectrice, lecteur, de donner sa chance à cette série atypique, parce qu'elle en vaut le détour, et je pense sincèrement que tout le monde ne peut que l'apprécier, à condition d'accepter son côté un peu space. Fais moi confiance et laisse-Toi porter par cet univers à l'alchimie si particulière, Tu ne le regretteras pas, j'en suis sûr. Autre argument : pour ces 350 pages de pur bonheur scénaristique et de réjouissance visuelle, il ne t'en coûtera que 19 euros. Pour deux nanas comme Hopey et Maggie, et tous leurs potes, c'est vraiment une misère...
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