SSII : vente au kilo de prestataires
Aujourd'hui, un nouvel épisode de mes aventures dans le monde merveilleux de la SSII.J'ai rejoint ma boîte il y a un peu près un an, et la Poste (le client chez qui je suis prestataire) dans la foulée. Ma mission actuelle doit se terminer le 13 juin, mais comme il y a du boulot encore jusqu'à la fin de l'année, je devais être prolongé. Devais. La Poste voulait que je reste, moi j'étais OK. La Poste je m'y plaît bien, l'ambiance est sympa, les gens cools, le projet intéressant, bref on a vu pire. Sur le principe, tout était donc merveilleux dans le monde magique des bisounours. Sauf que voilà, au moment de passer à la caisse, ça a coincé. Ma boîte a sensiblement augmenté ma facturation, et la Poste ne veut pas suivre. Je suis un mercenaire vendu trop cher pour son client, en gros. Renseignements pris, ma boîte a voulu faire augmenter mon prix (car j'ai presque un cours officiel à la Bourse) de 50€ par jour. C'est à dire du 13% d'augmentation, à la louche. Les petits malins feront le calcul et verront combien je coûte à la Poste, mais n'oublions pas que cet argent c'est ma boîte qui le touche, ce n'est en aucune façon mon salaire. Donc voilà, pour une bête histoire de pognon, je vais devoir quitter mon poste actuel, alors que le client et moi souhaitions poursuivre encore quelques mois.
Voilà qui rappelle clairement qu'un prestataire, c'est avant tout un morceau de viande qu'un commercial place là où il lui rapportera le plus. On a beau te dire le contraire, ton avis et tes attentes ne comptent pas quand y a quelques brouzoufs de plus en jeu. Le commercial, il carbure à la commission, alors le bien-être de ses consultants et leurs envies, ça l'intéresse que quand ça n'impacte pas son salaire. La calculette avant tout. C'est qu'il faut en entrer du pognon, pour pouvoir avoir l'attitude du commercial trop cool qui réussit, ça coûte cher d'être un branleur. On l'aura compris, je n'ai que peu de sympathie pour les commerciaux, un peu comme les assureurs, les avocats ou les banquiers. Enfin je devrais pas trop en penser du mal, si ça se trouve je vais être recasé dans le secteur bancaire. En tout cas, j'accepterais pas le premier truc qui pa
sse, il a pas intérêt à me faire sortir d'un truc qui me plaît pour me caser dans un truc pourri mais qui rapporte plus à la boîte. Et il a pas non plus intérêt à essayer de me faire poser des congés si jamais je me retrouve en intercontrat. Il pourra toujours me faire cramer mes RTT employeurs, mais pas plus. Et maintenant que je sais de combien ils voulaient me facturer par rapport à ce que je gagne, il faudra pas non plus qu'il m'explique qu'il peut pas trop m'augmenter...Au final, je suis quand même un peu dégouté de devoir quitter un poste où je suis bien juste pour une poignée d'euros. J'ai demandé à mon commercial de passer la semaine prochaine, histoire qu'on cause un peu de tout ça, mais au téléphone j'ai pas trop senti que ça l'intéressait de savoir si moi ça me faisait suer ou pas de partir dans trois semaines alors que je devais rester six mois de plus. Début juin, je passerai au siège faire le tour des managers pour voir les différents projets qui arrivent et essayer de me placer sur un truc qui me botte. Un truc avec un peu de terrain, tant qu'à faire, mais dans les SI (systèmes informatisés), c'est pas forcément courant...
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