Le grand cirque
Ca fait longtemps que j'ai pas parlé politique, alors que paradoxalement on arrive près du terme d'une échéance majeure. Ou alors c'est peut-être pour ça, justement. On nous rebat tellement les oreilles avec cette présidentielle, les candidats sont tellement visibles que l'indigestion n'est pas loin. Impossible d'échapper à la triplette Sarko-Sego-Bayrou. Oui, juste cette triplette vu que les autres n'ont pour ainsi dire quasiment aucune existence médiatique en regard de celle des trois favoris. Les médias ont déjà du mal à faire de la place à un troisième candidat sérieux (en termes d'intentions de vote), alors les autres ils ont qu'à aller campagner ailleurs. Y a guère que Le Pen qui apparaît parfois, mais c'est en général parce que ce sympathique candidat qui se réclame du centre-droit (si si) a balancé une nouvelle énormité.Bonne nouvelle : Ségo, qui se bananait un peu ces derniers temps dans les sondages, a repris du rose aux joues (huhu) suite à son passage sur TF1, la chaîne officielle de l'UMP. J'ai regardé son intervention (j'avais volontairement zappé celle de Sarko), et si je trouve qu'elle manque encore d'assurance dans ce genre d'exercice (un peu trop de bafouillages), elle a plutôt bien géré le tout. Elle a clairement exposé son programme sans réellement détailler d'où viendrait le financement, mais quand on sait qu'à droite non plus ils sont pas foutus de faire un chiffrage cohérent (ça varie du simple au double selon les sources), on se dit que l'heure ne doit pas être à l'arithmétique. Personnellement, je n'aime pas ce principe de "100 gugusses vous posent une question". La moitié des gens retenus est au choix intimidée, n'arrive pas à s'exprimer, ne pense qu'à son nombril, n'est pas compréhensible, voire une combinaison de tout ça. J'attends d'un Président une vision d'ensemble, un plan directeur, des réponses aux problèmes importants. Pas de savoir comment on va régler le problème de Robert le chasseur qui veut choisir lui-même les dates d'ouverture de la chasse à la galinette cendrée... Elle a défendu son programme, en promettant à mon sens un peu trop mais pas plus que Sarko. On m'a fait remarquer qu'elle commençait tout le temps par "Je vous remercie de votre témoignage/question" et qu'elle esquivait les questions embarassantes, j'ai envie de dire que Sarko lui commence toujours par "Je vais vous expliquer" et esquive les questions gênantes par un populisme de merde du genre "écoutez, les français veulent
gagner plus, pas qu'on les assome de détails techniques". Enfin bref, Ségo a enfin pris un peu d'épaisseur et sans gaffer, elle s'est crédibilisée. Dommage que ça rue autant dans son équipe, mais visiblement les socialos sont toujours aussi doués pour se latter entre eux quand y faut pas. Mais d'après ce que j'ai lu, dans l'équipe UMP c'est pas la franche camaraderie non plus.Un autre point commun des deux candidats, c'est le problème que leur pose Bayrou. Je l'ai regardé chez Chabot la semaine dernière, dans une émission qui avait plus de gueule que celle de TF1. Et le Bayrou il a été bon, je trouve. Moins de promesses, plus de concret, ses idées semblaient plus réalistes et réalisables car peut-être moins ambitieuses aussi. Il a joué à fond la carte de l'outsider, le gars plus réaliste et qui ne cherche pas tant à vaincre les autres qu'à servir le pays et sa population. Son intention affichée de former un gouvernement ne respectant pas le clivage traditionnel est à ce sens une bonne façon de draguer les indécis des deux camps. En tout cas, très à l'aise à son affaire, il a exprimé sa vision qui ne me déplaît pas même si sur certains points il est trop à droite pour moi. En fait centre gauche ça m'arrangerait mieux, François. Sa position de centriste gêne, en tout cas, puisqu'il peut piquer des électeurs aux deux camps : ils ne sont pas si rares les gens de droite qui refusent Sarko, et pareil à gauche avec Ségo, sans compter ceux qui sont par nature centristes. Il est bien crédité dans les sondages, et plus étonnant il gagnerait quelque soit le candidat en face si il se hissait au 2nd tour. Méfiance, les sondages on a appris à s'en méfier, et l'opinion est très versatile, surtout ces temps-ci. Mais à gauche comme à droite, on commence à prendre l'UDF très au sérieux, même si on essaie d'afficher le contraire. Bayrou, lui, doit jubiler, et on le comprend. Moi je les trouve mignons, nos trois candidats majeurs, à attaquer les programmes des autres à tour de rôle en utilisant tous les mêmes arguments. En tout cas, vivement mai, qu'on soit débarrassés de tout ce cirque.
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