Troie version SF

Publié le par Fei

Eh bah voilà, on est en 2007 ! En 2006 j'ai eu l'ADSL et un PC chez moi, un iPod, j'ai changé de boulot, passé 6 mois à la Poste, un peu repris le tennis, testé le squash, pas eu beaucoup de vacances, acheté à peu près 18 tonnes de comics et de BD, assisté à 2 mariages de vieux potes, eu 25 ans, vainement espéré la fin des fillers de Naruto et découvert Lost et Heroes, acheté mon 1er costard, et sans doute plein d'autres trucs super importants du même tonneau. En 2007, c'est décidé je déménage (achat ou location, on verra), je fais régulièrement du sport, je fais plus gaffe à ce que je bouffe, je me marie et j'ai des gamins (ambitieux, non ?), je remporte la présidentielle et je change le monde (quitte à voir grand...), je prends trois semaines de vacances cet été, je gagne au Loto. En attendant, j'ai profité de mes quelques jours de mini-vacances pour lire un bouquin que j'avais acheté il y a quelques mois.

Ilium, de Dan Simmons, est sans conteste un livre de SF, mais avec un style assez particulier. L'auteur nous propose une sorte de relecture de la guerre de Troie, dans un contexte futuriste un rien alambiqué. Dans un futur assez lointain, l'humanité à beaucoup évolué, se scindant en deux : les humains à l'ancienne, descendants de ceux de l'Ere Perdue (la nôtre) et les posthumains. Mais voilà, les post ont limité le nombre d'humains à 1000 000 en permanence, leur accordant une durée de vie de 100 ans sur Terre, après quoi les humains partent les rejoindre. Car les post ont quitté la Terre sans qu'on sache vraiment pourquoi. L'écrasante majorité des humains se contente de ce centenaire d'oisiveté où ils disposent de nombreuses facilités : portails fax pour se déplacer instantanément, serviteurs et "voynix" pour les assister (même si l'apparition de ces derniers reste un mystère), etc. Mais quelques uns vont ruer dans les brancards et chercher à voir ce qu'il y a derrière le rideau.
Pendant ce temps, sur Mars, des dieux technologiques répondant aux noms des dieux grecs surveillent de près le déroulement de l'antique guerre de Troie, intervenant même par moments pour favoriser un camp ou l'autre, comme dans le récit d'Homère. Car les dieux ne savent rien du déroulement du conflit, à part Zeus qui lui en connaît l'issue. Les scholiastes sont des humains spécialistes de cette période, enlevés par les dieux à différentes époques et ayant pour rôle de contrôler la fidélité du conflit au récit d'Homère. Ils peuvent prendre l'apparence des acteurs du conflit pour suivre l'action au plus près, et rapportent leurs observations à la Muse. Mais les dieux sont fourbes, et un scholiaste va se retrouver pris dans les machinations de l'un d'entre eux, qui cherche à orienter de façon imprévue la guerre.
Les actions de ces dieux, et surtout les conséquences des technologies qu'ils utilisent, inquiètent les moravecs, êtrse bio-mécaniques vivant du côté de Jupiter, qui décident d'envoyer une mission de reconnaissance. Ou du moins c'est ce que crois Mahnmut, petit moravec pilote de submersible, mais la mission pourrait bien avoir d'autres objectifs...

On suit donc ces trois histoires, qui sont plus ou moins liées, pour comprendre les buts des différentes factions et ce qui s'est passé entre notre époque et la leur, menant à la situation particluière dans laquelle est plongé l'univers, avec plusieurs espèces, planètes colonisées, dieux technologiques ou non aux buts obscurs, etc... Car à mesure qu'on progresse dans l'épais volume, de nouveaux personnages encore plus mystérieux apparaissent, dont les noms et la situation ne sont pas sans rappeler l'oeuvre de Shakespeare, dont Mahnmut le moravec est un spécialiste. SF pure et dure, antiquité et guerre de Troie, Shakespeare, Proust, conflit spatial, Simmons ratisse large dans un assemblage assez casse-gueule mais qui se tient pas mal. Son bouquin est assez original (même si le côté dieux technologiques dans l'antiquité rappellera sans doute à certains les séries de Valérie Mangin), avec quelques passages particulièrement obscurs toutefois (certaines phrases sont totalement incompréhensibles). Mais Ilium a maintenant une suite, ce qui explique sans doute le sentiment de frustration qu'on a à la fin du bouquin, face aux nombreuses questions sans réponse. Olympos présentera sans doute de nouveaux éléments sur les posthumains, les dieux, les moravecs, Setebos, Caliban et les autres dont on ne sait finalement pas grand chose. C'est là la faiblesse du bouquin : après tant de pages, on ne dispose pas vraiment de beaucoup d'informations, et c'est dommage. Simmons aurait mieux fait, je pense, de densifier un peu son bouquin en coupant quelques passages un peu longuets, au profit de quelques révélations placées à intervalles plus réguliers. Mais ça reste de la bonne SF, à l'histoire et au style originaux. Le premier volume d'Hypérion, du même auteur, m'avait quand même bien plus passionné.

Publié dans Lectures

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