Les pissenlits par la racine

Publié le par Fei

Pas vraiment un movie dont je vais Te parler ce soir, plutôt une série. Le stagiaire qui était chargé de nommer les rubriques a été délocalisé au Bangladesh pour lui apprendre à vivre, c'est pas du travail ça ma bonne dame. Y a plus moyen d'obtenir des choses correctes à notre époque, y faut tout faire soi-même ! C'est comme le petit personnel, c'est de plus en plus dur d'en trouver de qualité, qui bosse 22h par jour en silence, sans salaire, et sans qu'on soit obligé de les menacer ou de leur piquer leur passeport. Enfin bref, je m'égare, je ne voudrais pas faire l'objet d'une dénonciation, alors venons-en au fait, en commençant par donner le nom de la série en question, dont certains ont déjà deviné le titre : Six feet under.


Produite par HBO (qui est une des meilleures chaînes au monde niveau production de séries : Oz, Band of brothers, les Sopranos, Sex & the city, c'est eux), Six feet under est une série dont j'ai toujours entendu le plus grand bien mais que je n'avais jamais regardé pour cause d'horaires de diffusion pourris et un goût de moins en moins prononcé pour les séries en VF. A ce sujet, une petite digression : si je suis content que certaines séries franchissent l'Atlantique pour parvenir sur nos écrans, et que je suis prêt à tolérer la VF quand même, les diffusions à horaires variables entre 23h et 2h du mat', qui sautent d'une semaine sur l'autre, c'est vraiment pas terrible, il faudrait prendre ça en compte quand vous faites les grilles, les gars. De même, passer les séries dans le désordre, c'est quand même pas très intelligent, pis c'est forcément plus compliqué à gérer qu'une diffusion chronologique, en plus. Enfin bref, revenons-en à nos moutons.

Six feet under, six pieds sous terre pour les anglophobes, se passe comme son nom l'indique de le milieu des pompes funèbres et autres thanatopracteurs. Et plus particulièrement dans le petit univers de la famille Fisher. Un petit pitch : alors qu'ils doivent tous se retrouver pour les fêtes de fin d'année, la famille Fisher est plongée dans le deuil par la mort du pater familias, heurté par un bus alors qu'il conduisait son corbillard. Entre Ruth, la veuve pas très fun et très old fashion ; David, le fils gay et rigide dont le coming-out familial reste à faire ; Nate, le fils prodigue qui a fui toute sa vie et Claire, la petite dernière gentiment freak sur les bords, les relations déjà compliquées ne s'améliorent pas forcément. Pourtant petit à petit les non-dits se lèvent, les vernis se craquellent, les fêlures se dévoilent, tandis que la famille cherche à surmonter l'épreuve, entre les aventures sexuelles des uns et des autres, la tentative de rachat par une chaîne de pompes funèbres, les clients parfois bizarres et les consciences qui se manifestent à travers les morts ou le père ressuscité le temps d'une scène ici ou là... Comme dans toute bonne série non basée sur l'action à outrance, ce qui fait sa qualité c'est son écriture. Tout d'abord celle des personnages, puis des situations.

Les personnages, donc, sont tous attachants, surtout par leurs faiblesses et leur incapacité finalement universelle à faire et dire les choses simplement, en se débarassant du carcan qui les étouffe. Je n'ai pour le moment vu que cinq épisodes (la saison 1 en compte 13), mais c'est suffisant pour se faire une bonne première idée (car je gage qu'ils évolueront pas mal à mesure des saisons). Chacun d'eux est crédible, humain, et posséde quelque chose qui parle au spectateur. De Nate le beau gosse superficiel qui petit à petit va décider de changer de vie à David qui a renoncé à beaucoup pour suivre les traces de son père et assume mal son homosexualité (bien que son partenaire Keith, flic noir baraqué, en fasse fantasmer plus d'un(e)), en passant par Claire à la vie lycéenne difficile et qui se sent perdue dans une famille de tarés, chacun peut trouver dans ces personnages et ceux qui gravitent autour d'eux un écho, une résonnance particulière, qui fait que cette série fait mouche malgré un sujet a priori pas facile.

Chaque épisode est -juqu'ici en tout cas- principalement centré sur un enterrement différent, et commence par une scène d'introduction présentant les derniers instants du défunt qui s'ignore. Un latino membre d'un gang, une ancienne star du X, un homme découpé par un malaxeur, voilà le genre de clients qu'on trouve chez les Fisher. L'occasion aussi d'en apprendre un peu sur la thanatopraxie avec Frederico, l'employé des Fisher qui prépare et rend présentable les corps. Reconstruction, maquillage, couture, système D pour pallier à l'absence d'un pied où remettre en place des seins siliconés ayant figé sont à compter parmi ses talents, et sont aussi souvent l'occasion de rigoler un bon coup, certes un peu morbidement. L'univers particulier et a priori pas franchement marrant donne une certaine originalité à cette série, lui confère une ambiance particulière et donne une petite touche spéciale aux personnages y évoluant. Que les âmes sensibles se rassurent, la série est loin des chocs visuels que peuvent parfois être Nip/Tuck ou même Urgences. Pas que Six feet under soit de toutes façons destiné à un public jeune (qui s'emmerderait ferme je pense), mais on en a déjà vu ne pas pouvoir suivre une série à cause de ce genre de choses. Ici ce n'est donc pas le cas, par contre les gens inconfortables avec la mort ou l'idée de la préparation de cadavres pas toujours trépassés de mort naturelle devront peut-être parfois fermer les yeux (une incision en Y suite à une autopsie ça laisse des traces, quoi), mais la série n'est vraiment pas dure de ce côté là.


Bref, je ne peux que confirmer tout le bien qui a été dit sur cette série et T'inciter à mettre la main  dessus (et les yeux aussi tant qu'à faire), parce qu'elle en vaut le détour. Le jour où on aura ce genre de choses à la place de Julie Lescaut, Femmes de Loi ou autre enième série policière sans saveur, on aura fait un très grand pas. En attendant, restent les DVD ou la mule (bouh c'est mal je ne T'incites pas à le faire !). Il faudra voir comment la série se tient sur la durée, mais c'est plutôt bien parti et je pense que je ne vais pas enterrer les Fisher tout de suite (ok, facile)...

Publié dans Movies

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J
Une merveille cette série, j'ai la chance d'avoir accès de temps en temps à la chaine cablé jimmy et je peux vous dire que la 5ème et dernière saison est excellente !! (enfin pour l'instant)
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F
Y parait que la fin est totalement scotchante et que tout le monde chiale ! Mais chuuuuut, j en suis qu au 3e DVD de la 1ere saison !