Mercredi 21 novembre 2007
Après un bon silence, une petite note, et même pas pour parler des grèves ! Enfin si un peu, en préambulle, quand même... J'ai tout tenté : voiture (1h30 pour faire Issy-Courbevoie, soit 11 km), vélo (25 minutes mais j'arrive  en ayant bien bien chaud), transports (8000 personnes dans un tram, ça provoque limite des crises d'angoisse), marche (1h15 le matin, c'est un peu chiant), et toutes les solutions sont nulles. Demain j'abandonne l'idée de reprendre le tram si c'est pareil qu'aujourd'hui, la voiture bof (plus d'essence, long, et ils alignent les PV à fond les manettes), la marche c'est vraiment pas top. Le vélo c'est le plus rapide, mais aussi le plus fatiguant et celui qui met dans le plus sale état à l'arrivée... On verra demain.

Mais bref, venons-en au sujet du titre : aujourd'hui j'ai mis ma casquette négociateur, et j'ai appellé SFR pour changer de téléphone. Ca fait 2 ans que j'ai le mien, et j'avais envie de changer (et au passage me débarrasser de ses petits défauts). J'avais regardé sur internet, et avec mes points j'avais droit à rien, en gros. Alors que ça fait 2 ans et que je ne suis plus engagé chez eux. J'appelle le service client (le 900), je tombe sur un gars aimable qui lit sa fiche de procédure, finit par s'aperçevoir que c'est pas lui qui pourra m'aider et me redirige vers le service compétent. Ledit service étant occupé, il me dit de rappeler. Je suis pas chiant, j'obtempère et rappelle 1h30 après. Je tombe sur une nana, pas top aimable, qui m'explique que j'ai pas assez de points et à qui je rétorque que c'est bien pour ça que je veux parler à quelqu'un de compétent en la matière, qui me dit que c'est blindé dans ce service et qu'elle ne peut rien pour moi vous feriez mieux d'aller voir en magasin. Là je dis OK, je retente une fois le service client et si je n'obtiens pas le service machin qui est compétent en matière de changement de mobile, je me casse de chez SFR. Au troisième coup, donc, je tombe sur une 3e personne, qui me dit qu'avec mes points j'ai droit à 20 euros de réduction (l'autre me disait que j'en avais pas assez...), soit le téléphone que je veux pour 130 euros. Donc je dis non, que les points ne servent à rien puisque si je résiliais pour aller chez la concurrence je l'aurai moins cher. Elle me passe le service résiliation qui me dit-elle, pourra peut-être faire un geste commercial...

Et là je tombe enfin sur quelqu'un de compétent, aimable en plus. La nana me demande à quel prix je l'ai vu ailleurs, je lui dis 30 euros et elle me dit qu'elle peut s'aligner sur ce tarif. Moi je suis content, je viens de gagner 100 euros de réduc' sans avoir à m'emmerder à changer d'opérateur. Et puis comme je suis conciliant et que je reste chez SFR, elle me file une heure gratos par mois pendant un an. J'en demandais pas tant ! Au final, si ils m'ont pas sucré mon avantage étudiant auquel j'ai plus droit depuis déjà 3 ans, j'aurai 3h de communication mensuelle et un nouveau portable, pour 30 euros. Au lieu d'un nouveau portable et rien d'autre pour 130 euros. Juste parce que j'ai dit que chez Orange c'était moins cher. Parce que j'ai pas âprement négocié non plus, tout ça elle me l'a filé direct et avec le sourire, ce qui prouve bien que c'est pas non plus un gros effort de leur part et que le client moyen qui râle pas, il se fait carrément enfler... On enfume la masse, et on dit amen aux quelques pourcents qui râlent, car ce qu'on leur file pour les garder est plus que largement financé par tous les autres clients qui râlent jamais. C'est beau l'économie.
par Fei publié dans : Rien à bloger communauté : Tout, rien, pas n'importe quoi
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Samedi 3 novembre 2007
Augmentation du salaire du Président : sa femme partie, Nicolas Sarkozy a perdu ses remises chez Prada, il faut bien compenser.

Poker : Brice Hortefeux a personnellement félicité le nouveau champion de France de poker. Celui-ci a en effet remporté la finale en "sortant une couleur" a plusieurs reprises au cours de la partie.

Politique intérieure : Maud Fontenoy rejette l'appel du gouvernement. "Je préfère les bateaux à voile aux yachts", aurait-elle glissé au président.

Télévision : Star Ac', 7e saison. Nicolas Sarkozy fera une apparition sur le plateau de l'emission lors d'un prime de novembre pour interpréter une reprise d'Abba, "Money, money, money".

Télévision encore : TF1 diffuse le 6e sens, l'histoire d'un homme qui est mort mais ne le sait pas. Le PS se déclare choqué de ne pas se voir cité comme source d'inspiration du film.

Jeux vidéo : un homme est mort hier, une manette de jeu enfoncée dans le crâne. Son fils déclare "J'ai foiré mon swing en jouant au golf sur Wii sports".
par Fei publié dans : Rien à bloger communauté : Tout, rien, pas n'importe quoi
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Mardi 23 octobre 2007
En ce moment, je bosse pour Canal+. Comme on a passé la première grosse mise en production dans les délais, on a généreusement été récompensés de nos efforts par des invitations sur le plateau du Grand Journal, l'émission en clair de Denisot en access prime time. On se pointe vers 18h30 sur place, on laisse ses affaires au vestiaire, on s'assoit où on nous dit dans le public, on écoute les directives du chauffeur de salle, et rapidement ça commence. Ah oui, c'est du direct, donc le tournage ne dure pas 50 ans, ce qui est appréciable, vous allez comprendre pourquoi.

Ali-Baddou.jpgIl faut savoir qu'à quelques rares exceptions près, les applaudissements ne sont jamais spontanés. Déjà parce qu'y a en fait pas grand chose qui mérite applaudissements (on applaudit Denisot qui arrive sur la plateau avant le début de l'émission, c'est dire), et puis globalement on entend pas hyper bien ce qui se dit.
Premier invité, Raffarin. Imaginez si y avait pas de chauffeur de salle, spontanément on aurait entendu les mouches voler. JP n'est pas là pour faire la promo du dernier Lorie, ni même vendre des cours d'anglais sur cassette audio : il a sorti un bouquin sur la décentralisation. Autour de la table, Denisot , Ariane Massenet, et un autre gars que je connaissais pas, Ali machin. Ali machin est a priori une sorte de chroniqueur un peu politique, mais en fait bof. Car entre deux questions bateau de Denisot et trois remarques inintéressantes de Massenet, Ali est a priori censé apporter un peu de poil à gratter, interpeller l'invité. Oui mais voilà, Ali Machin joue un rôle. Il a clairement répété devant une glace sa question absolument pas spontanée (écrite par un autre ?), qui sort avec un ton d'acteur de théâtre et une mimique forcée. Crédibilité zéro. Et évidemment, pas hyper capable de réagir sur le fait que Raffarin répond complètement à côté de la question.

Pour faire polémique, Augustin Legrand (des Enfants de don Quichotte) était invité aussi, et évidemment ça s'est vite échauffé entre JP et lui. Ariane tentait de suivre, Ali Machin avait le sourire et l'air concentré du mec qui suit, mais qui n'intervient pas parce que oh, ce coup-ci il a pas de phrase préparée. Au bout de 15 minutes "alors qu'on en avait prévu 10 à la base" dixit Denisot, on coupe la parole à tout le monde et on lance la pub, Legrand quittant le plateau passablement agaçé.

louise-bourgoin.jpgArrive Miss Météo. On nous avait bien expliqué qu'il fallait particulièrement l'applaudir, faire le public en délire. Elle fait un petit sketch débile avec Ariane qui sonne forcément là encore plus que faux (Ariane ne fera jamais de ciné, je crois), en deux minutes c'est plié et elle se casse. Je sais pas combien elle palpe, mais ça doit lui faire un bon rendement temps de travail / salaire.

Entre les pubs, les petites séquences et tout, on arrive vite aux guignols, qui sont tournés ailleurs ce qui signifie pause pour nous. A la reprise, arrivent Marc Lavoine, Fabien Pelous, Raphael Ibanez, Fred Michalak et Vincent Clerc (dans un t-shirt blanc col en V qui dévoile les poils jusqu'au  nombril ou presque, le tout sous une veste noire, grosse classe). Pour faire court, tous ces gens n'ont évidemment rien à dire. Lavoine est là pour vendre deux CD et un film, les rugbymen pour dire qu'ils sont déçus. Comme on va parler ciné, Laurent Weil est arrivé sur le plateau. Il ne dira qu'une phrase, en tout et pour tout, l'amateur de ciné qui a apprécié le premier Coeur des hommes restera un peu sur sa faim. Et à force de brasser du rien, on arrive à la fin de l'émission. C'est la magie de la télé, faire passer assez vite près de deux heures de vide.

Au final, ce que j'en retiens : la télé en vrai c'est encore plus artificiel. Ca casse la magie : on se rend compte de la fatuité de ces gens, de leur inutilité criante à tous . C'est amusant de voir une émission fabriquée en direct, avec les maquilleuses qui s'agitent, les stagiaires plateau, les caméramen, le chauffeur de salle et tout, mais la superficialité de tout ça ne peut que vous sauter à la figure. Nan franchement, animateur ou chroniqueur dans ce genre d'émission, c'est vraiment une bonne planque.
par Fei publié dans : Rien à bloger communauté : Tout, rien, pas n'importe quoi
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Samedi 13 octobre 2007
Bernard, c'est l'oncle préféré. Le type qui aime les enfants et que les enfants adorent. Drôle, d'une gentillesse à faire passer un bisounours pour un tortionnaire, souvent un peu dans la lune. Le type attachant que les gamins voient tout de suite comme un copain plus qu'un adulte. Quand j'étais petit, il avait une bonne moustache, il faisait de la moto, et aux yeux des enfant ça composait encore plus ce personnage qu'on adorait. Et puis il aime Tintin, une de mes toutes premières lectures. D'ailleurs, en vieillissant, il a doucement glissé vers un look de marin barbu, sorte de Capitaine Haddock avec quelques années et beaucoup de sagesse en plus, qui aurait rangé les jurons en fond de cale tout en conservant pour leur inventivité une grande tendresse. Mais il n'y a pas que l'apparence. Un amateur de voile, un passionné de la mer et un amoureux de la Bretagne, c'est aussi ça, Bernard. Un type capable de te fasciner avec ses histoires, parce qu'il sait raconter et que derrière chaque parole on sent l'honnêteté, la simplicité et la passion dans ses mots. Une passion calme, solide et ancrée dans la durée, qu'il a su transmettre autour de lui.

Et puis Bernard, c'est quelqu'un de spirituel. Drôle et plein d'esprit, certes, mais aussi en quête de réponses et de sens. La spiritualité chez lui c'est comme le reste : honnête,  respectueuse, désintéressée. Ca je l'ai découvert, ou compris,  plus tard. Et ça a encore donné du relief à cet oncle préféré, que je n'avais jusqu'alors jamais vu sous cet angle profond et méditatif, qui ne cherche pas à imposer ses croyances mais dont la démarche spirituelle force le respect. Quelqu'un de bien, en fait, si on ne devait en retenir qu'un mot . Qui a su, avec sa femme, élever deux enfants et en faire des gens exemplaires, un peu plus agés que moi et mes cousins préférés, qui m'ont servi et me servent encore de modèles. Qui a réusi dans ce qui compte vraiment dans la vie, en fait : être quelqu'un de bien et pousser son entourage dans la bonne direction, en incarnant des valeurs simples et saines, inspiratrices.

Mais Bernard, c'est aussi quelqu'un de fragile, parce qu'être aussi doux et désintéressé vous expose plus que les autres aux peines de la vie. Lui et sa femme ont eu le terrible malheur de perdre un fils, et mon cousin un frère. Ca a été très difficile pour toute le famille, mais encore plus pour Bernard. C'était trop dur d'avoir perdu Manu, et lentement, il a glissé, sont esprit s'est créé des refuges pour faire face. Il n'a rien perdu de ses facultés, mais parfois, on sent qu'il est ailleurs. Toujours tel qu'en lui-même au fond, mais un peu parti sur des rivages où on ne peut pas le suivre. Le temps n'a rien arrangé, et inexorablement, il est parti de plus en plus loin.

La dernière fois que je l'ai vu, cet été, ça allait. Un peu fatigué, encore plus tête en l'air, mais il y avait toujours l'étincelle, qui réveille toujours en moi le gamin que j'étais il y a encore pas si longtemps devant lui. Et puis cette semaine, le coup de massue, terrible. Bernard est à l'hôpital, l'organisme est en train de lâcher et à moins d'un miracle c'est une question d'heures. Et là c'est toute une partie de mon enfance qui ressurgit et qui a peur, qui est perdue. L'attente est affreuse, le désarroi immense.

Bernard est mort hier, et ça fait mal. Mal pour sa femme Véronique, pour son fils JB, pour la famille entière, et plus égoïstement pour moi.

Là où tu navigues, Bernard, je ne peux pas aller. Mais je ne t'oublie pas, et ta marque, discrète, restera toujours gravée en moi.

Salut, Chef.
par Fei publié dans : Rien à bloger communauté : Tout, rien, pas n'importe quoi
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Jeudi 11 octobre 2007
Eh non, je ne vais pas parler de Chabal et de ses potes rugbymen. Pas la peine, après avoir tapé les blacks, on va manger ces tapettes géantes de grand-bretons, avec leur foutu jeu au pied ultra-chiant. Non, on va parler d'autres gens en bleus : nos amis des forces de l'ordre. Pour être franc, je suis plutôt bien disposé envers ces gens. Je ne pense pas que ce sont tous des fachos en puissance, j'ai le respect de l'uniforme et de la fonction. Je suis de ceux qui pensent qu'ils sont nécessaires, que leur métier est dur, et que souvent ils ramassent pour les conneries de ceux qui les dirigent, bien plus haut. Mais là j'en ai un peu ras-le-bol de les voir partout (même si encore une fois c'est pas forcément de leur faute).

Hier, en sortant du tram, je vois deux personnes qui traversent tranquillement, petit bonhomme vert et tout, et qui manquent de se faire cartonner par une voiture de flics qui arrive à toute vitesse, façon cowboy/sherif fais moi peur. 8 secondes plus tard (vraiment, c'est pas une image), une autre bagnole passe à toute blinde sur le boulevard dans une autre direction, gyrophare  et sirène qui vont bien. Et  6 secondes plus tard (toujours pas une image), je croise 3 policiers en uniforme, tonfa à la hanche. Je précise que je n'étais ni à Beyrouth ni à Kaboul, ni même à la Goutte d'Or, mais Porte d'Orléans. Et ça m'agace de voir tous ces uniformes qui ne sont là que pour un double but : rassurer le populo ("on surveille, vous êtes en sécurité") tout en maintenant une pression ("si on est autant c'est que c'est nécessaire pour le maintien de l'ordre qui reste fragile").

A  ça s'ajoute les petites affaires de ces derniers jours : outre le policier qui a ouvertement reconnu à la télé contrôler des gens au faciès maghrebin parce qu'on demande à la police de foutre plein d'étrangers dehors (je raccourcis mais l'idée est là), deux histoires sont sorties aujourd'hui.
Dans la première, on apprend que des policiers se sont présentés dans une école pour cueillir une gamine de 7 ans, par la "ruse". Ils ont d'abord prétendu que les parents étaient à l'hôpital (alors qu'ils étaient au commissariat, mais les deux mots se ressemblent, ça explique la confusion...), puis qu'ils avaient une commission rogatoire (que personne n'a jamais vue), avant de réussir à repartir ave la gamine coincée entre deux flics armés. Classe.
Dans la 2e, c'est encore un grand rusé qui a attiré des parents en prétendant être CPE du collège de leur enfant. Consternation au collège : personne n'était au courant de cette convocation, et encore moins que des policiers attendaient dehors pour ceuillir les parents (qui ont été relachés quelques heures plus tard).

Alors Brice, mon cher ministre, je te le demande : c'est quoi ces méthodes de merde ? Tu rêves de rafles, dans ton sommeil ? On vit dans quel pays là ? Vos tests ADN, vos ruses de sioux et vos objectifs de reconduite à la frontière, à toi et ton grand pote humaniste Nico, c'est scandaleux, honteux, dégradant. Et Sarko qui se permet de faire le grand démocrate humaniste épris de liberté, pas plus tard qu'hier à Moscou où il a fait la leçon de démocratie à Poutine. On croit rêver, mais y va falloir attendre au moins 5 ans avant de se réveiller. Peut-être.
par Fei publié dans : Rien à bloger communauté : Tout, rien, pas n'importe quoi
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